Petit échange de mails noctures avec [helenelecot]… comprendra qui pourra mais j’ai bien bossé grâce à ça. La pléiade est de retour sur la biblio et la réponse pour le choix des receuilles attendra que j’update la base:
De : [helenelecot]
Envoyé : mercredi 24 mai 2006 20:18
À : [leafar]
Voilà,
aussi bizarre que ça pourra te paraître, j’ai besoin de savoir maintenant
pourquoi, Char. Et c’est urgent.
Merci.
Bises
[leafar]
<> a écrit :
Je
ne comprends pas trop la question.
Mais
j’aime char car c’est synthétique : du genre il pleut la paille.
Pour
dire qu’il offre l’hospitalité !
Les
images sont souvent fulgurantes et utilise des raccourcis que j’apprécie
beaucoup.
Si
tu veux en savoir plus il faudra préciser la question
De : [helenelecot]
Envoyé : vendredi 26 mai 2006 00:55
À : [leafar]
Objet : RE:
C’était
bien ma question: pourquoi tu aimes Char. Les racccourcis, oui, je suis
d’accord. Le mystère, c’est qu’on arrive à les prendre, ces sortes de couloirs
cachés, entre les mots. Bon, forme. Et fond?
Fulgurant,
c’est exactement ce mot qui le définit selon moi aussi. Merci, j’espère que tu
vas bien,
bises
[leafar]
<> a écrit :
La
préface de la pleiade est passionnante mais j’ai pas remis les pieds dedans
depuis un moment mais j’avais pris qq notes :
« les
mots dans la poésie, devancent de leur lumière, la conscience encore opaque de
celui qui d’abord témoin de leur éclat organise leur essaim de sens »
« les
mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d’eux » ma
feuille vineuse
Char
a bcp ecrit sur la place et le sens de la poésie
Et
pour faire un // entre mes deux poètes préférés j’avais trouvé cette phrase
sublime de Jean Roudaut :
« Les
territoires de la poésie ne sont pas cadastrables : ils ne s’éclairent que
dans l’expansion. »
« Je
ne peux pas aimer deux fois le même objet écrivait R.Char à Breton en
1947 Je suis pour l’hétérogénéité la plus étendue. Leur opposition se
marquerait assez bien par ces deux phrases emblématiques, le second disant
« je cherche l’or du temps » quand le premier décidait d’errer dans
l’or du vent.
Si
devait être esquissé une rhétorique propre à l’œuvre de R.Char, il faudrait
privilégier des figures telles que :
- la concomitance : les éléments n’ont pas de valeur en soi mais
en acquièrent dans leur échanges
- la concentration
- l’articulation
Cool
de faire des mails pareils à cette heure !
De : [helenelecot]
Envoyé : vendredi 26 mai 2006 02:48
À : [leafar]
Objet : RE:
Oui,
cadastrable, voilà, les couloirs!! lumineux!
Les
chemins sont là, labyrinthe aux sens anciens, bien avant nous. Des sons
éclairés en transparence des mythes, on est frappé par des faisceaux.
Les chemins, oui, mais c’est la façon dont on les prend qui varie…
et le nombre de fois où le poète se retourne en chemin pour voir
si nous suivons. Char ne se retourne pas, jamais, ou peu. Mais ses chemins sont
puissants, sorte de togobbans, si tu ne rentre pas tant pis, tu entend juste du
bruit, mais si tu suis… c’est un vol d’aigle. Ou de marteau. Concentration
pour force de chute des mots. Articulation pour degré de virage dans les
couloirs. Concommitence pour choix des points d’apnée, de retour à l’air, ça
c’est la sujectivité du poète: le moment où il cligne des yeux. Bon. Je croix
que j’avance! Merci, malgré l’heure tardive.
Ps: on ne
met pas les pieds dans la pléiade, ce n’est pas poli.
Pps: quel
recueil/ poème préfères-tu?
…. mais clairement le marteau sans maître avec la musique de Boulez et la danse de Béjart.







