Lecture ces derniers jours d’extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq. J’ai le livre depuis longtemps, j’adore la poésie de Houellebecq depuis longtemps aussi mais je me suis toujours tenu éloigné de son oeuvre romancée (je ne sais pas si le terme s’applique). Après lecture je reste assez fasciné. Ce roman me semble très daté, ou en tout cas marqué par le temps du sceau de son époque, mais l’avènement sociétale d’un désenchantement global est percutant. Cet anti-héros est une métonymie troublante de la modernité occidentale.
Les pages qui vont suivre constituent un roman, j’entends, une succession d’anecdotes dont je suis le héros.
Si les relations humaines deviennent progressivement impossibles, c’est bien entendu en raison de cette multiplication des degrés de liberté dont Jean-Yves Fréhaut se faisait le prophète enthousiaste. [...] L’espèce des penseurs de l’informatique, à laquelle appartenait Jean-Yves Fréhaut, est moins rare que l’on pourrait le croire. Dans chaque entreprise de taille moyenne on peut en trouver un, rarement deux. en outre la plupart des gens admettent vaguement que toute relation, en particulier toute relation humaine, se réduit à un échange d’information (si bien entendu on inclut dans le concept d’information les messages à caractère non neutre, c’est à dire gratifiant ou pénalisant). Dans ces conditions, un penseur de l’informatique aura tôt fait de se transformer en penseur de l’évolution sociale. Son discours sera souvent brillant, et de ce fait convaincant; la dimension affective pourra même y être intégrée.
Pour ceux qui s’en éloigne, mais qui s’intéresse à la problématique de la communication à l’ère du désenchantement, je conseil de prendre le temps à cette lecture. Le livre convient surement mieux aux trentenaires qui risque de vraiment prendre l’ampleur (et oui c’est daté) de ce que Houellebecq cherche à décrire.
La jeunesse grecque est dans la rue, les traders sur le trottoir et les politiques au placard et voila ce qui se chante en ce moment ou ce qui trotte dans certaines têtes
Anti- Anti du groupe allemand Bonaparte (il faut écouter les paroles)
Pour la génération X, c’est probablement cette chanson ci qui fonctionne le mieux
-> A l’envers à l’endroit de Noir désir.
Petite perle pour terminer : en ouverture du chapitre 9, “La résidence des Boucaniers” Houllebecq ouvre avec cette phrase sublime de Barthes “Tout d’un coup, il m’est devenu indifférent de ne pas être moderne.”







