Wikimedia Board Elections Committee Flip ta race : la sortie flipper de paris
Aug 14

Cela fait bientot deux mois que je travaille avec Abeline du SMC France sur un projet dont le but est de chroniquer toute la rentrée littéraire. Le blog est prsesque terminé, il sera officielement lacé le 26 aout pour les vrais hostilités de la rentrée littéraire. Je suis tres content du résultat (bcp de boulot) et du coup je peux enfin passer du temps à rédiger mes propres chroniques. voici la première :

Les autres, c'est rien que des sales typesLes autres, c’est rien que des sales types de Jacques A Bertrand chez Julliard.

C’est délicieux ! Voila ce qu’il faut retenir de cet opus qui dans un premier temps pourrait faire penser à une sortie de l’année dernière,Les Insupportables, mais c’est bien un processus inverse qui guide l’auteur. A savoir ne pas caricaturer un type de personnage en dressant un portrait-robot, mais bien essayer d’atteindre une généralisation qui passe par les différents usages que la langue française en fait.

Je m’explique: Les Insupportables dessine par petites touches impressionnistes une figure qui a les caractéristiques du personnage, le Pater Familias (Recompositas) par exemple. A.Bertrand, lui, cherche à travers les usages de la formule toutes les possibilités (et elles sont souvent infinies) qui permettent de décrire son personnage, comme le con par exemple. Le con peut être petit ou grand, pauvre ou gros, moyen ou sale…. bref, il y a une infinité de possibilités de cons que la langue française s’emploie à décrire et avec lesquels l’auteur joue avec malice.

J’ai commencé ma chronique par délicieux car il n’y a pas d’autre mot: Jacques A.Bertrand manie la langue avec une subtilité qui fond dans la bouche comme un croissant bien beurré. A la lecture du livre j’ai pensé aux textes d’Alexandre Vialatte ou Desproges (qui s’est inspiré lui aussi de Vialatte si on en croit Philippe vandel). Tout ça pour dire que les sujets font rire et les formules font mouche. Je ne serais trop conseiller de lire ce livre de la rentrée.

A noter que chaque chapitre commence par une approche identique, vérifier si le sale type est typiquement humain ou s’il en existe une version canine. Ainsi pour l’imbécile heureux cela donne :

« Quoi de plus humain qu’un imbécile heureux ? On n’en trouve dans une aucune autre espèce animale (ou alors, peut être chez certains chiens de compagnie). »

Pour le voisin :

« Depuis l’aube des temps, tous les malheurs de l’humanité, sans exception, débutent par une querelle de voisinage. Ne cherchez pas davantage de responsable, c’est le voisin. Si ce n’est lui c’est donc son chien. Le chien du Voisin. Ou alors le chat de la Voisine [je ne résiste pas à cette phrase, ndlr]. La promiscuité, c’est la proximité moins l’espace vital. »

Voici un petit jeu de mots qui m’a bien plu pour terminer de vous convaincre :

« On a recensé toutes sortes de commerçants qui font dans le maritime, l’intérieur, l’extérieur, le lux, le gros ou le demi-gros, le détail, le clandestin. il est possible de faire commerce de son corps. et même de faire commerce de celui des autres. C’est ainsi que l’on récolte l’oseille à maquereaux.

Allez profiter de ces délices linguistiques, mes préférés ont été : le provincial, le lambda, le médecin, le conjoint mais vous trouverez la liste compléte en dessous ainsi qu’une interview de l’auteur. Bonne lecture.

Chronique rédigée par Raphael Labbé pour ulike.net

written by leafar

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