Sur le site FlatBb.net vous pourrez retrouvez toutes les vidéos ci-dessous. Le concept est simple vous pouvez les lancer dans n’importe quel ordre, vous aurez un concert unique !
Expérience tres intéressante car elle prouve (une fois de plus) que la musique de phase (nom que lui donne un des ses inventeurs, steve reich) est totalement adapté à notre environnement. La perfection vient de la régulation des phases comme dans ce morceau ci. Mais il existe une beauté chaotique dans cette expérience in Bb que j’admire particulièrement.
Si vous etes musiciens vous pouvez participer, il suffit de jouer votre petite boucle in Bb Major.
Félicitations à Darren Solomon pour cette magnifique idée.
play these together, some or all, start them at any time, in any order
Historique, magique et pédagogique.
Trois qualificatifs qui ne sont pas de trop pour décrire cette soirée de danse concoctée par Anne Teresa De Keersmaeker en hommage à la musique minimale de son camarade et ami Steve Reich.
Piano Phase est un morceau exemplaire du travail de Steve Reich, la simplicité d’un instrument exécutant une boucle sérielle qui sera complété par une sœur (proche mais avec son propre caractère), elles vont se passer la main et progressivement s’altérer pour créer la magie qui caractérise les œuvres de Reich. Piano Phase est le morceau sur lequel je fais ma sieste. 20’37s soit le temps exact nécessaire à un sommeil réparateur. Cette structure musicale par ses caractéristiques primitives a la capacité de me plonger dans une transe/état paradoxale. Mon cerveau reste en éveillé par ce rythme mais mon corps est apaisé. Mais surtout Piano Phase est une pièce de danse contemporaine révolutionnaire. Elle réunit un certains nombre de caractéristiques rares en premier lieu celui d’être pédagogique. Plus que de longs discours, je vous invite à regarder cette petite vidéo:
Ce qui est fascinant c’est la simplicité avec laquelle la danse expose la structure de la musique qui se donne ainsi à voir. Elles sont deux sur scène a entamé ce marathon structure de 21 minutes mais entre elles par le jeu des lumières apparaît cette femme ombre qui n’est autre que la musique. Regardez là elle s’affiche en fusionnant ces deux corps en mouvement. Il me faudrait des centaines de mots pour tenter et surement sans succès de décrire les sensations que me procure cette œuvre. Mais c’est femme qui sont à tour de rôle coroles florales, masculines ou robotiques, ying et yang ayant accepté le possibilité de l’asynchrone (fondateur de la danse contemporaine). Bref cette œuvre qui fut contemporaine entre aujourd’hui à peine dans sa phase moderne et il aura fallu 30 ans pour cela. Cette combinaison ultime de ce qui forgera la musique d’aujourd’hui autant que la danse est tout simplement magique.
Les amis je suis encore sur le Q, j’ai fait 4 heures de trains pour 1h30 de spectacle et je serais prêt à taillader des plaines et des vallons pour aller le revoir ce soir même.
Et puis si vous en etes encore la dans la lecture de ce texte c’est que vous avez aimé alors continuons ensemble ce périple magique avec les 3 autres pièces de la soirée et les trois surprises de la soirée.
La soirée s’ouvre avec une installation sonore très simple (Pendulum Music) : un haut parleur et deux micros suspendus au plafond. Mis en balancier, ils génèrent des sons à chaque passage au dessus du haut parleur. Le poids d’un des deux a été modifié pour rendre leurs rythmes différents et ce qui est proposé à l’écoute c’est donc leur marche légèrement aléatoire ou plus exactement la mélodie que leur combinaison va former. Très simple cette œuvre avait le mérite d’expliciter de manière très simple et radicale la structure mélodique de Steve Reich et donc de donner à comprendre ce qui aller être offert à nos oreilles par la suite. Pédagogique avant tout, ce fut une introduction parfaite (qui malheureusement souleva beaucoup de protestations dans la salle).
L’initiation continue avec une première interprétation de Piano Phase au xylophone. A nouveau ce qui domine c’est la visualisation de la musique, le rythme des baguettes est tout simplement bluffant et permet d’appréhender une première fois cette musique avant le chef d’œuvre qui va suivre.
Le morceau durant 20 minutes je pense qu’il n’est pas inutile d’en remettre une petite couche :
Les femmes danseront ensuite sur Eight lines, un morceau tres doux avec une lame de fond très proche de piano phase ( composé 10 ans plus tôt). Voici un extrait vidéo de cette performance qui se caractérise par une joie des danseuses très communicative.
Les garçons danseront sur Four Organs un morceau un peu plus difficle, ou les orgues augmentent la présence d’une simple corde. c’est un morceau très innovant mais assez difficile car il joue un peu sur une pression progressive.
Viennent ensuite un concert de métronome qui montre la beauté que l’on peut trouver dans une déstructuration totale. Cette petite démonstration prendra d’ailleurs tout son sens vers la moitié du morceau suivant Drumming (c’est uniquement la partie 1 qui sera joué) quand l’emballement des percussions conduit à une rythmique très proche. Drumming est interprété par toute la troupe des 13 danseurs dans une joie communicative, en terme de danse on retrouve les course en cercle, les sauts et les diagonales d’échanges. Un petit bonheur a regardé alors que les percussions tribales déroulent un rythme tantôt frénétique tantôt doux qui conduit les danseurs à une sociabilité très agréable à regarder.
Une soirée parfaite à tout point de vue qui se clôturera par un rappel, ce qui est du jamais vu en danse, ou l’Ensemble ictus (qui interprète toutes les oeuvres de la soirée) jouera un autre morceau de Reich (il me semble que ce fut mallet mais je ne suis pas sur) avec les danseurs qui se laisseront aller à un moment de liberté dansée en toute simplicité.
Jeudi dernier j’ai eu la chance de pouvoir écouter une création de Steve Reich, soit un évenement majeur pour les fans de ce compositeur sériel. Le compositeur était présent dans la salle du theatre de Caen pour fignoler les réglages ! Une vraie statue.
Cette nouvelle pièce s’intitule Daniel Variations et est basée sur des textes du Livre de Daniel (1er et 3ème mouvement) et sur des mots de Daniel Pearl, journaliste juif américain enlevé et assassiné au Pakistan en 2002 pour les mouvements 2 et 4.
Interprétations des phrases par Synergy Vocals dont voici les textes :
I saw a dream. Images upon my bed & visions in my head frightened me (Daniel 4:2)
My name is Daniel Pearl (I’m a jewish American from Encino, California)
Let the dream fall back on the dreaded (Daniel 4:16)
I sure hope Gabriel likes my music, when the day is done.
Ensuite Steve reich and musicians ont interprété Music for eigtheen musicans (1974) avec une rigeur et un brio inégalé. Je pense qu’il ne s’agit plus dune interprétation mais bien d’un vécu dans la mesure ou cette oeuvre phare du compositeur les suit depuis leur début. J’ai vu des notes qu’une écoute intensive ne m’avait pas permis de déceler (plus de 50 écoute au moins). Un vrai choc éxégétique … qui place Reich just derrière Bach dans mon Hall of Fame.
Je suis un grand fan de musique sérielle dont les papes du sous segment qualifié parfois de musique répétitive sont Steve Reich / Philipp Glass (qui a fait la musique de Fog of war : un documentaire incroyable sur Mc Namara).
Voici une petite vidéo de Eight lines un morceau qui synthétise bien ce type de musique.