Dec 23

Avec deux semaines de recul, je trouve que le web était très intéressant. Un week-end de calme m’a en effet permit de regarder les bonnes vidéos de la conférence et donc de repenser au sujet du web08 : l’amour.

D’ailleurs ce replay vidéo, permet de valoriser la conférence pour tous. Alors oui il faisait froid (mais en venant aussi et finalement je n’ai juste pas enlevé mon manteau), oui il n’y avait pas d’internet (mais sauf pour les startups et les journalistes, ce n’est finalement pas si mal pour se parler) et oui on a eu faim le premier midi (mais sauf à vraiment vouloir défendre la cuisine française, ce n’est pas non plus la fin) mais surtout OUI ce fut intéressant et pour tous. Intéressant aussi car nous avons confronté l’amour à l’américaine et l’amour à l’européenne. Amour métonymie de nos “socials” finalement assez différents. il y a été question de ces différences dans la petite escarmouches qui a eu lieu entre Loic Le Meur et Michael Arrington. et oui c’est différences sont lourdes et impactes aussi beaucoup le business. Faiblesse pour la nourriture dira Michael Arrington, absence de robotisation des pitchs semblent penser Hugh McLeod (merci MSFT pour la bouteille) dans le Gillmor Gang.

En tout cas ces différences sont passionnantes (elles soulevent donc de l’irrationnel) et elles sont autant de force pour qui arrive à rendre son site réellement européen (Meetic ;-) A l’amour….

J’ai écrit il y a quelques mois (pdf disponible sur le blog d’olivier Ezratty - regardez d’ailleurs son interview par ZDnet c’est une des meilleursdu web /encore du bon contenu pour tous), un petit texte sur les changements sociaux provoqués par les réseaux sociaux. Une de mes phrases choques était la suivante :

Le social est en passe de devenir un marché, complexe et extrêmement fragmenté, où les monnaies d’échange sont les différentes facettes de nos identités et les connexions associées.

Et bien ce marché ne fonctionne pas de la même manière des deux côtés de l’atlantique ! Pas les mêmes valeurs d’usage et les interventions de Marc Simoncini et de Helen Fisher le prouvent. Je les ai regardé avec beaucoup de délectation et je vous invite car c’est gratuit passionnant à en faire de même.

Que faut-il en retenir ? Marc a du caractère et une authenticité qui font du bien sur scène, une motivation très revencharde et c’est jouissif. Sinon il a une expérience intime de l’Europe, il en connait les aspirations et presque les désirs. Pour mieux comprendre les européens, moi, j’ai du passé un an à voyager régulièrement avec ce but unique. Et quand il parle des suèdoises, cela peut sembler un peu cliché, mais si on arrive en suède en provenance d’Italie, on comprend facilement, ce qu’il veut dire. Les différences qu’il ne fait qu’effleurer sont bien celles des racines. Son exemple du night club est tout à fait parlant et d’ailleurs c’est par ce que le web08 est payant qu’il marche, (i.e que des investisseurs/journalistes/happyfew y viennent - c’est un organisateur de l’opencoffee qui parle ;-) ).

Donc on retient quoi ? Que l’Europe c’est le bordel, un bordel culturel des plus sympathique avec tant de facettes identitaires que nous somme le marché social le plus complexe et le plus passionnant à la fois. Dans l’article cité supra, je comparais l’adolescence des reseaux sociaux au début des année 70 où

il était bien complexe d’appréhender les changements de modèle de pensées lié à la révolution sexuelle. On assiste aujourd’hui à une mutation similaire dans les appariements dans la mesure où toute activité sociale est aussi une activité de « rencontre ».

L’Europe… la plus à même de produire les sites web social évolué de demain ?? Regardons de l’autre côté de l’atlantique pour voir:

Et de cette présentation, on en tire quoi ? Hélène est une marketeuse hors pair comme seul les américains savent en faire. Elle a résussit 5 placements d’urls (mais ou est adwords ?) mais par contre elle n’est pas encore totalement adaptée au monde ouvert de l’information (pas de slide, des résultats sous embargo et des formules de matching qui attendront l’achat de son livre) comme le NYTimes il y a encore peu. Elle possède un vrai talent pour rendre intelligible ses recherches et elle a su captiver l’audience avec des exemples concrets. Un bemol pour moi cependant, trop de flaterie, en s’adressant à son audience et en la comparant aux leaders respectifs des deux côtés de la piscine (Sarkozy & Obama -des explorers), avec cette technique elle pousse l’audience à se mettre de son côté et à valider ainsi ses théories (souvenez vous de maître corbeau). En tout cas ce qui me frappe, c’est que l’approche de match.com soit justement celle d’une catégorisation rigoureuse, d’un profiling total des amoureux. Est-ce si étonnant de la part de match.com ? Finalement, pas tellement ! Nous avancons scientifiquement vers une connaissance des mécanismes chimiques de nos LOve Machine et c’est inévitable, ce qui l’est moins (surtout pour une européen) c’est le souhait de s’en servir pour réduire les risques car c’est bien de cela dont il s’agit.

Helen Fisher fait plusieurs fois référence au paon pour sa parade amoureuse, hors cet animal totalement abérrant n’était pas le cauchemar de Darwin sans raison. La roue du paon avec ses yeux (placé là par Hera en hommage à Argos pour le remercier d’avoir surveiller l’infidélité de Zeus) attire la femelle mais aussi les prédateur ! Darwin avait une dent contre cette bête justement car selon sa théorie elle aurait du disparaitre. On nage en plein univers de La fontaine,  alors revenons à la science. Le cas Paon sert d’exemple à la théorie du Handicap (qui peut etre opposé à la théorie de l’évolution) que nous résumerons pour nos besoin par cette phrase de wikipedia :

La théorie suggère aussi que les attraits sexuels devraient être « coûteux » pour être attractifs, afin d’être de bons indicateurs de la « santé » du porteur : les exemples typiques sont le chant des oiseaux, la roue du paon, les parades nuptiales, les bijoux ou l’humour !

Pour ce qui est des 4 personnalités types d’Helen Fisher, on est pas très éloigné de la typlogie et des matching de David Keirsey (qui par ailleurs l’avait emprunté aux grecs et qui sont cité plus bas entre () ) Et malgré le fait qu’elle n’ait pas voulu donner les combinaisons gagnantes, on ne doit pas être très loin du matching sexuel et ancestral du Kamasutra qui veut qu’une jument est une union égale uniquement avec le taureau (d’ailleurs le texte sur les unions est disponible su wikisource) et deux autres unions qiu soient hautes ou basses.

On fait quoi de tout cela ? Et bien on se rassure avec ;-D et c’est mon travail totalement empirique dans le monde de  l’affinité qui me permet d’affirmer cela d’un ton peremptoire… En fait, la conclusion est incertaine mais ces différences d’approches me semblent passionante et donnent à réflechir. Merci le web

Ah et comme le web est quelque chose de magnifique, je vous propose de regarder cette petite galerie d’images (cliquer dessus pour les voir en grand) ou google place judicieusement ses publicités contextuelles. Finalement, la technologie cela n’a pas que du bon, face à un discours humain on me propose off course de l’asiat / ou autre produit sexuellement attirant ;-D

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Prochain post sur Houellebecq et la révolte, il sera question aussi de la marchandisation de l’amour… on vit une époque EPIC à défaut d’être formidable.

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Nov 04

J’aime ce texte, j’aime aussi l’entendre aussi dans mon ipod et donc je vous porpose d’écouter la lecture de ce petit poème en prose.  Je ne me lasse pas de cette incompréhension et de cette quête sans fin dont il est question ici. Indicible, subtil, distant et pourtant proximité des coeurs, l’amour impossible est finalement une métaphore de la difficulté de transmettre par la language ou pas. Bref, c’est toujours aussi plaisant dans le matin qd mon oralité est coincé au fond de ma gorge. Bonne écoute et bonne lecture

Voici le texte intégrale de “Les yeux des pauvres” de Charles Baudelaire tiré du receuil Petits poèmes en prose.

Ah! vous voulez savoir pourquoi je vous hais aujourd’hui. Il vous sera sans doute moins facile de le comprendre qu’à moi de vous l’expliquer; car vous êtes, je crois, le plus bel exemple d’imperméabilité féminine qui se puisse rencontrer.

Nous avions passé ensemble une longue journée qui m’avait paru courte. Nous nous étions bien promis que toutes nos pensées nous seraient communes à l’un et à l’autre, et que nos deux âmes désormais n’en feraient plus qu’une ; – un rêve qui n’a rien d’original, après tout, si ce n’est que, rêvé par tous les hommes, il n’a été réalisé par aucun.

Le soir, un peu fatiguée, vous voulûtes vous asseoir devant un café neuf qui formait le coin d’un boulevard neuf, encore tout plein de gravois et montrant déjà glorieusement ses splendeurs inachevées. Le café étincelait. Le gaz lui-même y déployait toute l’ardeur d’un début, et éclairait de toutes ses forces les murs aveuglants de blancheur, les nappes éblouissantes des miroirs, les ors des baguettes et des corniches, les pages aux joues rebondies traînés par les chiens en laisse, les dames riant au faucon perché sur leur poing, les nymphes et les déesses portant sur leur tête des fruits, des pâtés et du gibier, les Hébés et les Ganymèdes présentant à bras tendu la petite amphore à bavaroises ou l’obélisque bicolore des glaces panachées ; toute l’histoire et toute la mythologie mises au service de la goinfrerie.

Droit devant nous, sur la chaussée, était planté un brave homme d’une quarantaine d’années, au visage fatigué, à la barbe grisonnante, tenant d’une main un petit garçon et portant sur l’autre bras un petit être trop faible pour marcher. Il remplissait l’office de bonne et faisait prendre à ses enfants l’air du soir. Tous en guenilles. Ces trois visages étaient extraordinairement sérieux, et ces six yeux contemplaient fixement le café nouveau avec une admiration égale, mais nuancée diversement par l’âge. Les yeux du père disaient : «Que c’est beau! que c’est beau ! on dirait que tout l’or du pauvre monde est venu se porter sur ces murs. » – Les yeux du petit garçon : «Que c’est beau! que c’est beau ! mais c’est une maison où peuvent seuls entrer les gens qui ne sont pas comme nous.» – Quant aux yeux du plus petit, ils étaient trop fascinés pour exprimer autre chose qu’une joie stupide et profonde.

Les chansonniers disent que le plaisir rend l’âme bonne et amollit le cœur. La chanson avait raison ce soir-là, relativement à moi. Non-seulement j’étais attendri par cette famille d’yeux, mais je me sentais un peu honteux de nos verres et de nos carafes, plus grands que notre soif. Je tournais mes regards vers les vôtres, cher amour, pour y lire ma pensée; je plongeais dans vos yeux si beaux et si bizarrement doux, dans vos yeux verts, habités par le Caprice et inspirés par la Lune, quand vous me dites : «Ces gens-là me sont insupportables avec leurs yeux ouverts comme des portes cochères! Ne pourriez-vous pas prier le maître du café de les éloigner d’ici ?»

Tant il est difficile de s’entendre, mon cher ange, et tant la pensée est incommunicable, même entre gens qui s’aiment !

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