Dec 13

Historique, magique et pédagogique.
Trois qualificatifs qui ne sont pas de trop pour décrire cette soirée de danse concoctée par Anne Teresa De Keersmaeker en hommage à la musique minimale de son camarade et ami Steve Reich.

Historique car Steve Reich Evening comprend 4 pièces dont 2 créations et 2 reprises au sein desquelles se cache un des joyaux de l’histoire de la danse contemporaine : Piano Phase qui provient de Fase, Four movements to the music of Steve Reich de 1982.

Piano Phase est un morceau exemplaire du travail de Steve Reich, la simplicité d’un instrument exécutant une boucle sérielle qui sera complété par une sœur (proche mais avec son propre caractère), elles vont se passer la main et progressivement s’altérer pour créer la magie qui caractérise les œuvres de Reich. Piano Phase est le morceau sur lequel je fais ma sieste. 20’37s soit le temps exact nécessaire à un sommeil réparateur. Cette structure musicale par ses caractéristiques primitives a la capacité de me plonger dans une transe/état paradoxale. Mon cerveau reste en éveillé par ce rythme mais mon corps est apaisé.  Mais surtout Piano Phase est une pièce de danse contemporaine révolutionnaire. Elle réunit un certains nombre de caractéristiques rares en premier lieu celui d’être pédagogique. Plus que de longs discours, je vous invite à regarder cette petite vidéo:

Ce qui est fascinant c’est la simplicité avec laquelle la danse expose la structure de la musique qui se donne ainsi à voir. Elles sont deux sur scène a entamé ce marathon structure de 21 minutes mais entre elles par le jeu des lumières apparaît cette femme ombre qui n’est autre que la musique. Regardez là elle s’affiche en fusionnant ces deux corps en mouvement. Il me faudrait des centaines de mots pour tenter et surement sans succès de décrire les sensations que me procure cette œuvre. Mais c’est femme qui sont à tour de rôle coroles florales, masculines ou robotiques, ying et yang ayant accepté le possibilité de l’asynchrone (fondateur de la danse contemporaine). Bref cette œuvre qui fut contemporaine entre aujourd’hui à peine dans sa phase moderne et il aura fallu 30 ans pour cela. Cette combinaison ultime de ce qui forgera la musique d’aujourd’hui autant que la danse est tout simplement magique.

Les amis je suis encore sur le Q, j’ai fait 4 heures de trains pour 1h30 de spectacle et je serais prêt à taillader des plaines et des vallons pour aller le revoir ce soir même.

Et puis si vous en etes encore la dans la lecture de ce texte c’est que vous avez aimé alors continuons ensemble ce périple magique avec les 3 autres pièces de la soirée et les trois surprises de la soirée.

La soirée s’ouvre avec une installation sonore très simple (Pendulum Music) : un haut parleur et deux micros suspendus au plafond. Mis en balancier, ils génèrent des sons à chaque passage au dessus du haut parleur. Le poids d’un des deux a été modifié pour rendre leurs rythmes différents et ce qui est proposé à l’écoute c’est donc leur marche légèrement aléatoire ou plus exactement la mélodie que leur combinaison va former. Très simple cette œuvre avait le mérite d’expliciter de manière très simple et radicale la structure mélodique de Steve Reich et donc de donner à comprendre ce qui aller être offert à nos oreilles par la suite. Pédagogique avant tout, ce fut une introduction parfaite (qui malheureusement souleva beaucoup de protestations dans la salle).

L’initiation continue avec une première interprétation de Piano Phase au xylophone. A nouveau ce qui domine c’est la visualisation de la musique, le rythme des baguettes est tout simplement bluffant et permet d’appréhender une première fois cette musique avant le chef d’œuvre qui va suivre.

Le morceau durant 20 minutes je pense qu’il n’est pas inutile d’en remettre une petite couche :

Les femmes danseront ensuite sur Eight lines, un morceau tres doux avec une lame de fond très proche de piano phase ( composé 10 ans plus tôt). Voici un extrait vidéo de cette performance qui se caractérise par une joie des danseuses très communicative.

Les garçons danseront sur Four Organs un morceau un peu plus difficle, ou les orgues augmentent la présence d’une simple corde. c’est un morceau très innovant mais assez difficile car il joue un peu sur une pression progressive.
Viennent ensuite un concert de métronome qui montre la beauté que l’on peut trouver dans une déstructuration totale. Cette petite démonstration prendra d’ailleurs tout son sens vers la moitié du morceau suivant Drumming (c’est uniquement la partie 1 qui sera joué) quand l’emballement des percussions conduit à une rythmique très proche. Drumming est interprété par toute la troupe des 13 danseurs dans une joie communicative, en terme de danse on retrouve les course en cercle, les sauts et les diagonales d’échanges. Un petit bonheur a regardé alors que les percussions tribales déroulent un rythme tantôt frénétique tantôt doux qui conduit les danseurs à une sociabilité très agréable à regarder.

Une soirée parfaite à tout point de vue qui se clôturera par un rappel, ce qui est du jamais vu en danse, ou l’Ensemble ictus (qui interprète toutes les oeuvres de la soirée) jouera un autre morceau de Reich (il me semble que ce fut mallet mais je ne suis pas sur) avec les danseurs qui se laisseront aller à un moment de liberté dansée en toute simplicité.

ENCORE ENCORE ENCORE !!!

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Jan 09

Le minimalisme parle du progres. Vous n’entendez pas l’homme qui grimpe ?

Le morceau dure 20 minutes en mp3 … la danse dans la vidéo c’est Anne Teresa De Keersmaeker & Michele Anne De Mey

Piano Phase = Hall of Fame

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